Le gouvernement face aux défis de l’urbanisation galopante

Le Chef du gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, a plaidé hier à Rabat pour une approche prospective en matière d’habitat afin de faire face aux défis posés par l’urbanisation accélérée. Intervenant à l’ouverture de la deuxième session du Conseil national de l’Habitat, il a insisté en particulier sur le renforcement de la coordination et la synergie entre les différents acteurs concernés.

Le Chef du gouvernement Saâd-Eddine El Othmani, a souligné, mercredi à Rabat, la nécessité de conjuguer les efforts pour répondre à la demande croissante sur le logement, tout en plaidant pour une approche prospective susceptible d’améliorer la qualité et les conditions de vie des ménages. S’exprimant à l’ouverture de la deuxième session du Conseil national de l’Habitat (CNH) sous le thème «La redynamisation du secteur de l’habitat : quelle approche ?» M. El Othmani a indiqué que l’exécutif a mis en place une stratégie nationale volontariste, partenariale, transversale et intégrée dans ce secteur destinée à l’évaluation de sa situation actuelle et la définition de pistes pour son évolution. Cette stratégie repose sur la coordination et la synergie entre les différents acteurs concernés sur la base d’une nouvelle approche pour l’intervention dans les milieux urbains et les zones avoisinantes ainsi que dans les centres émergents, a-t-il précisé, appelant à l’instauration d’une approche qui va de pair avec la situation socio-économique du Royaume. Il convient de mettre l’accent sur la promotion d’une offre adéquate en faveur notamment des classes sociales moyennes. Il a fait observer que la population marocaine sera urbaine par excellence à l’horizon de 2044 avec une progression de 103%, d’où l’impératif de faire face aux contraintes auxquelles fait face le secteur et de trouver des solutions à même d’insuffler une nouvelle dynamique au secteur de l’habitat. Le ministre de l’Aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, Abdelahad Fassi Fihri, a de son côté appelé à donner un nouveau souffle à la politique de l’habitat, de sorte à répondre à la demande accrue en termes de logement décent. Une telle approche devrait réorienter les subventions et l’investissement publics sur la base de nouveaux critères fondés sur un ciblage social, la justice spatiale et l’accès équitable aux équipements. Le secteur, a-t-il constaté, a toujours besoin de l’aide publique afin d’absorber le déficit en logements et permettre aux ménages aux revenus limités d’accéder à un habitat décent. Le ministre a d’autre part souligné que la deuxième session du CNH offre l’opportunité de mener une réflexion sur la mise en place de mécanismes efficients de planification et de gestion durable de l’espace, une vision qui devrait aider à réduire les disparités spatiales conformément aux objectifs du développement durable. Il a notamment cité l’objectif se rapportant à la garantie d’un logement convenable pour tous, tout en invitant les différentes parties prenantes à redoubler d’efforts en vue de favoriser l’émergence de villes sans bidonvilles, sans quartiers non structurés et sans habitations indécentes ou menaçant ruine. Pour la secrétaire d’État chargée de l’Habitat, Fatna Lkhiyel, la réunion du Conseil national de l’Habitat ouvre la voie à l’activation de ses rôles en tant qu’institution à caractère consultatif ayant pour mandat de tracer les orientations et définir les stratégies en matière de logement. Il sera question, selon elle, de se concerter autour d’un projet de feuille de route dédiée à la redynamisation du secteur, selon une approche conciliant les diverses visions des intervenants et les attentes des acteurs œuvrant dans ce domaine.

 

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