DEPF: Les principaux baromètres conjoncturels se comportent bien

La DEPF a publié le N°256 de sa note de conjoncture mensuelle, relative au mois de juin 2018. Il en ressort que les principaux baromètres conjoncturels se seraient favorablement comportés en 2018, traduisant un bon dynamisme de l’activité économique.

Au plan international, les dernières perspectives économiques de l’OCDE font état de la vigueur des perspectives d’évolution de l’économie américaine, avec un taux de croissance du PIB de 2,9% en 2018, contre 2,2% pour la zone euro, 2,6% pour le Royaume-Uni et 1,2% pour le Japon, selon la DEPF.

Sur le plan national, selon le département de l’Agriculture, la production céréalière, relative à la campagne agricole 2017/2018, devrait dépasser 100 millions de quintaux, en augmentation de plus de 4% par rapport à la campagne précédente et de plus de 22% par rapport à la moyenne des cinq dernières années.

Le secteur de la pêche côtière et artisanale a affiché une reprise du volume de ses débarquements au mois de mars, marqué par un rebond de 15,2%, impulsé par une consolidation des captures du poisson pélagique de 18,8%. Suite à cette évolution, le volume des débarquements du secteur a baissé de 4,5% à fin mars 2018, contre un retrait de 13,8% un mois plus tôt et de 18,1% à fin mars 2017.

Les ventes de ciment, indicateur clé du secteur du BTP, se sont repliées au titre des deux premiers mois du T2-2018 de 1,7%, portant la baisse de ces ventes à 4,8% à fin mai 2018 au lieu de -6,9% au terme du premier trimestre 2018 et -5,8% à fin mai 2017. D’autre part, l’encours des crédits alloués au secteur immobilier s’est renforcé de 3,5% à fin avril 2018, après +3,9% un an auparavant, en liaison avec la bonne tenue des crédits accordés à l’habitat (+3,4%) et à la promotion immobilière (+3%)

Pour ce qui est du secteur immobilier, le volume des transactions enregistrées s’est accru de 1,5% au cours du premier trimestre 2018, d’après les dernières données publiées par Bank Al Maghrib. Ce résultat provient de l’accroissement des ventes des terrains de 16,1% et de celui des actifs à usage professionnel de 6,2%, allégé par le retrait des ventes des biens résidentiels de 3%.

Parallèlement à cette évolution, les prix des actifs immobiliers ont connu une baisse de 0,4% à fin mars 2018. Ce retrait a concerné l’ensemble des segments du secteur (-0,7% pour les actifs résidentiels, -0,3% pour le foncier et -0,5% pour les biens à usage professionnel).

La consommation des ménages s’améliore

La note de conjoncture du mois de juin 2018 a montré également que la consommation des ménages maintient une tendance positive en 2018 dans un contexte d’évolution toujours maitrisée de l’inflation (progression de l’IPC de 2,2% à fin avril 2018) et d’évolution positive des revenus des ménages. Ceux-ci auraient bénéficié, notamment, de la création de 142.000 emplois rémunérés au titre du premier trimestre 2018, de la progression favorable de l’encours des crédits à la consommation (+5,4% à fin avril 2018) et des transferts des MRE (+9,7% à fin mai 2018), ainsi que des impacts favorables de la bonne campagne agricole 2017/2018.

L’inflation maîtrisée 

S’agissant l’indice des prix à la consommation (IPC), il a enregistré, au cours du mois d’avril 2018, une hausse de 0,3% par rapport au mois précédent, en relation avec la hausse conjointe de l’IPC alimentaire de 0,7% et de celui non alimentaire de 0,3%. Les principales hausses observées au niveau des prix des produits alimentaires ont concerné, notamment, les prix des fruits (+4,4%), des légumes (+2,1%) et des viandes (+1,1%), atténuées par les baisses enregistrées par les prix de poissons et fruits de mer (-1,4%), des eaux minérales et boissons rafraichissantes (-0,8%) et des huiles et graisses (-0,4%). Quant à l’IPC non alimentaire, la hausse a concerné principalement les carburants (+2,8%).

Création de 142 000 emplois rémunérés

L’économie marocaine a vu la création de 142 000 nouveaux postes d’emploi rémunérés au premier trimestre 2018, dont 79 000 postes profitant au milieu urbain et 63 000 postes au milieu rural. Quant à l’emploi non rémunéré, il a enregistré une perte de 26 000 postes (-24 000 en zones rurales et -2000 en zones urbaines).

Les secteurs des services, de l’agriculture, forêt et pêche et du BTP sont les secteurs qui ont créé le plus d’emplois nets durant le premier trimestre, avec respectivement, 50 000, 43 000 et 32 000 emplois supplémentaires. En revanche, le secteur de l’industrie a enregistré une perte de 9 000 postes d’emploi.

Le taux de chômage s’établit à 10,5%

Du côté du chômage, le nombre de chômeurs a diminué de 24 000 au premier trimestre 2018, ce qui correspond à une baisse de 1,9% en glissement annuel. Ainsi, le taux de chômage a baissé de 0,2 point pour se situer à 10,5%, contre 10,7% au titre du premier trimestre 2017.

Sans surprise, ce recul provient d’un repli de 0,6 point dans les zones rurales et d’une baisse de 0,1 point dans les villes. Les baisses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les adultes âgés de 35 à 44 (-0,8 point) et les personnes n’ayant aucun diplôme (-0,3 point). Le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans a en revanche connu la hausse la plus importante (+0,2 point).

Les recettes de voyages en hausse

A fin mai 2018, la balance des voyages fait ressortir un excédent de 20,5 milliards de dirhams, en hausse de 18,1%. Ce résultat est dû à la progression des recettes (+15% à 27,1 milliards), atténuée toutefois, par l’augmentation des dépenses (+6,3% à 6,6 milliards). Parallèlement, les transferts des MRE se sont accrus de 9,7% à 26,8 milliards de dirhams. Ces deux postes ont, ainsi, permis de couvrir 63,2% du déficit commercial après 62,3% un an auparavant. Par ailleurs, le flux des investissements directs étrangers (IDE) a enregistré un recul de 38,4% pour atteindre 8,2 milliards de dirhams. Ce résultat s’explique par la baisse des recettes (-22,8%) associée à l’augmentation des dépenses (+35,5%).

Hausse du déficit budgétaire

Tenant compte du repli de l’excédent des comptes spéciaux du Trésor de 32,3% à 7,2 milliards de dirhams, la situation des charges et ressources du Trésor à fin avril 2018 fait ressortir une aggravation du déficit budgétaire de 11% ou de 1,4 milliard de dirhams pour se situer à 14,2 milliards de dirhams. Eu égard à la réduction du stock des dépenses en instance de 215 millions de dirhams, le besoin de financement du Trésor a atteint 14,4 milliards de dirhams. Pour combler ce besoin, et compte tenu d’un flux net extérieur négatif de 3,4 milliards de dirhams, le Trésor a eu recours au financement intérieur pour un montant de 17,8 milliards de dirhams.

Ralentissement de la création monétaire

A fin avril 2018, la masse monétaire (M3) a reculé, en glissement mensuel, de 0,6% à 1255,6 milliards de dirhams. Cette évolution a concerné l’ensemble de ses contreparties, notamment, les créances nettes sur l’administration centrale, les réserves internationales nettes et les créances sur l’économie.

En glissement annuel, le taux d’accroissement de M3 a décéléré, s’établissant à +4,4% à fin avril 2018 après +5,5% à fin mars 2018 et +5,8% l’année précédente. Le ralentissement de M3, comparativement à la même période de l’année précédente, a concerné, particulièrement, les créances sur l’économie et les réserves internationales nettes, alors que le taux d’accroissement des créances nettes sur l’administration centrale s’est amélioré.

Les créances sur l’économie ont reculé, en glissement mensuel, de 0,2% pour se situer à 984,3 milliards de dirhams. Cette évolution recouvre une stagnation des crédits bancaires à 829,5 milliards de dirhams. Sous l’effet conjoint de la hausse des crédits à la consommation (+1%) et à l’immobilier (+0,3%), la quasi-stagnation des crédits à l’équipement (+0,1%) et le repli des facilités de trésorerie (-0,5%).

En glissement annuel, le taux de progression des créances sur l’économie a décéléré pour s’établir à +2,7% après +3% le mois précédent et +6,1% à fin avril 2017. Cette évolution a découlé, notamment, du ralentissement du rythme d’accroissement des crédits bancaires, s’établissant à +2,6% après +3,1% à fin mars 2018 et +5,1% l’année dernière.

Le marché monétaire globalement stable

Le marché monétaire est resté globalement équilibré au cours du mois de mai 2018 et n’a pas enregistré de tensions notables. En effet, le déficit de liquidité des banques a quasiment stagné, enregistrant une variation modérée.

Cette situation a bénéficié des interventions régulières de Bank Al Maghrib pour l’injection de la liquidité, essentiellement, à travers les avances à 7 jours sur appels d’offre et dont le volume moyen a atteint 55,4 milliards de dirhams après 52,3 milliards le mois précédent, alors que le volume moyen demandé par les banques a atteint 57,2 milliards de dirhams contre 56,3 milliards le mois dernier.

La Banque Centrale est intervenue, également, à travers les opérations de prêts garantis à 1 an au titre du programme de soutien au financement des TPME dont l’encours s’est établi à 3 milliards de dirhams à fin mai 2018.

De même, la volatilité du taux interbancaire a augmenté de 0,6 point de base à 2,4 points. S’agissant du volume moyen des transactions interbancaires, il a reculé par rapport au mois dernier de 10,4% pour s’établir à 4,3 milliards de dirhams.

lnt.ma