Kamil Taoufik, Président de la FNPI : « 2018 a commencé avec des indicateurs assez rassurants »

L’année 2017 a été clôturée par le recul des ventes et une morosité due au repli du marché cimentier. L’année 2018 affiche plus ou moins le même trend. Toutefois, les promoteurs demeurent optimistes.

Selon des données de Bank Al-Maghrib et de l’Agence nationale de la conservation foncière, du cadastre et de la cartographie (ANCFCC), les prix des biens résidentiels ont augmenté de 0,2%, ceux des terrains ont diminué de 1,1%, alors que les biens à usage professionnel sont restés stables jusqu’en mai 2018.

Durant la même période, les prix ont reculé de 0,4%, reflétant des baisses de 0,7% pour le résidentiel, de 0,3% pour le foncier et de 0,5% pour les biens professionnels.

Durant le 1er trimestre 2018, l’Indice des prix des actifs immobiliers a affiché des baisses de 0,9% à Meknès à 6,6% à Marrakech et des hausses de 0,4% à Fès à 2% à Agadir.

Quant aux transactions, les progressions de ventes ont oscillé de 5,4% à Kenitra à 60% à Tanger et des replis de 2% à Meknès à 39,9% à Marrakech.

Haut et moyen standing : L’offre est diversifiée

Résidences Dar Saada, à titre d’exemple, affiche des offres Haut et Moyen Standing moins nombreuses, comparativement à celles en logements sociaux et économiques. En détail, trois projets marquent ses offres de moyen standing, à savoir : « Résidences Des Lilas » à Casablanca, « Jnane Adrar « à Agadir et « Les jardins de l’Atlantique » à Tanger.

Chaabi Lil iskane, pour sa part, enregistre également trois projets haut standing répartis sur trois villes (Tanger, Essaouira et Marrakech), avec des prix démarrant à 860 000 Dh. Les projets en moyen standing sont plus nombreux : 14 projets au total, dont trois pour la ville ocre (Zohour, AssalamBabDoukala et Al QariaAssiyahiya).

Si l’année 2017 était qualifiée par la morosité du marché immobilier, l’année 2018 semble rassurante. C’est ce que nous a affirmé le président de la FNPI (Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers), Kamil Taoufik, dans un entretien accordé à la Nouvelle Tribune.

La Nouvelle Tribune : Tout d’abord, pourriez-vous nous donner un aperçu sur le marché immobilier en 2018. Est-ce que cette année sera plutôt positive ou morose pour la croissance immobilière ?

Kamil Taoufik : Après une année difficile en 2017, durant laquelle le secteur a enregistré la baisse la plus grande en matière de production depuis 2011 (-51%), 2018 a commencé avec des indicateurs assez rassurants. En effet, la tendance haussière de l’année a commencé avec le redressement de l’octroi des crédits aux promoteurs immobiliers, qui a enregistré en janvier 2018 une hausse de 8.7%.

Selon le bulletin mensuel de la FNPI « L’immobilier en chiffre », la consommation nationale de ciment au cours des 4 premiers mois de l’année 2018 a baissé de -5,52%, atteignant 4 542,07 millions de tonnes contre 4 807,54 millions au cours des 4 premiers mois en 2017. Par répartition spatiale, le repli a été observé presque au niveau de toutes les régions du Maroc.

Du côté du financement de l’activité immobilière, le volume des crédits alloués à l’habitat maintient son orientation favorable au terme du mois janvier 2018, enregistrant une légère croissance de 3,5%, par rapport à décembre 2017, avec +3,4% pour l’habitat et 3,0% pour les promoteurs immobiliers. Compte tenu de cette évolution, l’encours global des crédits alloués au secteur immobilier s’est élevé à fin avril 2018 à 260,155 MMDH, contre 251,390 MMDH à fin Avril 2017.

Quelles sont les offres immobilières disponibles actuellement sur le marché, pour la catégorie Haut et moyen standing ?

L’offre en haut standing est forte et diversifiée au niveau de tout le territoire national. De par sa qualité architecturale et technique irréprochable, son insertion urbanistique intelligente et le confort acoustique et thermique qu’elle assure, ce type d’offre se trouve de plus en plus convoité.

Le moyen standing, quant à lui, ne trouve toujours pas sa place sur le marché marocain. En effet, afin de relancer ce segment important de l’offre immobilière, la FNPI travaille en concertation avec le ministère de l’Aménagement du Territoire National, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la politique de la Ville, afin de réfléchir sur un produit plus adapté à la demande de la classe moyenne, telle qu’exprimée sur le terrain.

Quid des perspectives du marché pour 2019 ?

L’évolution du marché immobilier durant la prochaine année reste tributaire de plusieurs projets que la FNPI est en train de mettre en place, en collaboration avec les acteurs publics.

En effet, la FNPI a fait des propositions applicables, dans le mémorandum qu’elle a soumis au ministère de tutelle pour faire réussir le produit destiné à la classe moyenne. Aussi, sur le volet du logement social, la fédération a porté une réflexion en concertation avec le ministère dans le but de développer des produits sociaux qui répondent aux besoins des ménages marocains, toutes catégories sociales confondues, et aujourd’hui nous arrivons à une formule baptisés « S- S S+ ».

La réflexion est toujours en cours, et nous espérons la mener avec le ministère pour qu’elle fasse l’objet d’un amendement des textes réglementaires en la matière, pour pouvoir l’inclure dans la prochaine loi de finances 2019.

Il faut dire que les chantiers destinés à la relance du secteur sont multiples, et que la FNPI reste optimiste.

Une étude menée par Wire Consulting a désigné Marrakech comme la destination la plus rentable pour l’achat d’une propriété en 2018. Est-ce que vous partagez la même perception ? Sur quels critères Marrakech « mérite »-t-elle cette désignation ?

Tout d’abord, il faut noter que les ventes ont connu une baisse de -17% à fin mars 2018, suivant ainsi la tendance générale qu’a connue le secteur sur tout le territoire national. De par son caractère de ville touristique de patrimoine historique et naturel, la ville de Marrakech a toujours été une destination favorite des acquéreurs nationaux comme étrangers. On peut dire que l’essor immobilier de la ville ocre est dû deux facteurs essentiels, le premier étant urbanistique, le deuxième dû à l’image de marque de la ville.

D’un côté, l’évolution urbanistique que connait la banlieue de Marrakech, et l’attractivité qu’exerce celle-ci en tant que ville satellite, ont encouragé l’investissement immobilier à Marrakech afin de répondre à la demande croissante.

De l’autre côté, l’image de Marrakech en tant que ville des Riads, son attractivité vis-à-vis les nationaux et les internationaux et son patrimoine historique et naturel font de la ville un territoire des plus convoités à l’échelle nationale.

La Nouvelle Tribune