LA PRODUCTION DE LOGEMENTS NEUFS CONVENTIONNÉS SE REDRESSE APRÈS SIX ANNÉES DE BAISSE

Près de 1,7 million de logements sociaux ont été construits de 2010 à février 2018, en progression de 7% par rapport à la même période en 2017. Un souci pour les promoteurs: la demande ne suit pas. Le logement pour la classe moyenne a déçu.

Après une baisse ininterrompue depuis 2012, la construction de logements neufs s’est redressée à fin 2017. Elle a atteint plus de 270 000 unités, en hausse de 19% par rapport à 2016. Cette hausse a même été confirmée au début de cette année. Depuis la mise en place du dispositif des logements sociaux, soit 2010, jusqu’à fin février 2018 (derniers chiffres disponibles auprès du ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville), ce ne sont pas moins de 1132 conventions qui ont été signées avec l’Etat, contre 1025 en 2017. Ceci correspond à la production de 1692 000 logements, contre 1 581 000 unités à la même période une année auparavant. La production ressort ainsi en progression de 7% sur la période considérée. De 2010 à février 2018, 361 333 logements ont reçu le certificat de conformité.

Les besoins en logements ramenés à moins de 400000 à fin 2017

Notons que 96% de ces projets sont portés par des promoteurs privés. Le reste est revenu à l’Etat. «Si la production s’est affichée en hausse après six ans de léthargie, ce n’est aucunement en raison d’une quelconque reprise du marché immobilier. Elle est due essentiellement à l’approche du délai fixé pour les exonérations fiscales dont profitent les promoteurs qui prendra fin en 2020», explique une source au ministère. Les promoteurs s’activent ainsi pour la réalisation de leurs logements avant l’approche de ce butoir. Ce qui n’est pas plus mal, puisque tout le monde en ressort gagnant. Il ne faut pas nier que les parties concernées, à savoir le ministère de tutelle et les promoteurs privés et publics, déploient les efforts nécessaires pour la réduction du déficit de logements qui est passée de 1,2 million d’unités en 2002 à moins de 400 000 à fin 2017.

Cela dit, «la hausse de la production des logements sociaux ne renseigne pas sur la santé du secteur, puisque les difficultés d’écoulement du stock chez certains promoteurs persistent», souligne un promoteur. C’est que ce dispositif a montré ses limites tant du côté des promoteurs que des acquéreurs qui, eux, exigent davantage de qualité, la disponibilité des équipements sociaux, des moyens de transport…. S’il y a un indicateur qui conforte ce constat, c’est bien les crédits garantis par la Caisse centrale de garantie. Si l’on ne prend que le mois de mars, 1072 dossiers de prêts ont été enregistrés contre 1381 une année auparavant. Néanmoins, le financement de l’acquisition de biens immobiliers à travers Fogaloge a connu une amélioration de 23% sur le seul mois de mars pour s’établir à 578 prêts.

Logement à faible valeur immobilière totale : à peine 21% des objectifs atteints

En revanche, le logement à faible valeur immobilière totale, de 140 000 DH, n’a pas connu le même succès, bien qu’il essaye de maintenir le cap. 23 560 logements ont déjà obtenu le certificat de conformité sur la période allant de 2008 à février 2018. La hausse est de 10% par rapport à fin 2017. Il est vrai que ce mécanisme a permis à des milliers de ménages d’améliorer leur situation sociale, mais il n’en demeure pas moins qu’il est loin d’atteindre l’objectif escompté. A peine 21% de l’objectif déterminé par le gouvernement -130 000 unités de 2008 à 2020- est atteint.
Par ailleurs, depuis le lancement du dispositif du logement pour la classe moyenne en 2013, 23 680 conventions cadres ont été signées avec le ministère dont 20 000 avec la FNPI et 3 680 avec Al Omrane. Toutefois, ce mécanisme a connu un échec puisque à peine 5 760 unités sont mises en chantier, 224 ont obtenu le certificat de conformité et 310 autres sont en cours d’obtention.

Plus de 1 250 000 habitants de bidonvilles relogés
Le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville a poursuivi son programme national «Villes sans bidonvilles». Depuis 2004, 257 039 ménages bidonvillois ont été traités et 58 villes et centres ont été déclarés «Villes sans bidonvilles» sur les 85 escomptées, sachant que 3 autres rejoindront bientôt la liste (El Brouj, Tétouan et Moulay Yaacoub). Ainsi, ce sont plus de 1 250 000 habitants de bidonvilles qui ont vu leurs conditions d’habitat s’améliorer. S’agissant de l’habitat menaçant ruine, 7915 habitats ont été conventionnés entre 2014 et 2015, et 7998 autres entre 2016 et 2017.

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