TENDANCES : LE PÉRIURBAIN NE CONNAÎT PAS LA CRISE

La hausse des prix rend la clientèle A et B+ de plus en plus exigeante en matière de qualité et de formules innovantes. Ainsi, les opérateurs s’adaptent à cette nouvelle donne et imaginent des projets qui sortent des sentiers battus, à la périphérie des grands centres urbains.

«Aujourd’hui, le promoteur qui offre un produit en phase avec les besoins des acquéreurs n’aura aucun problème de commercialisation», estiment les experts en immobilier. De fait, la hausse des prix des logements rend la clientèle de plus en plus exigeante. Ainsi, le Casablanca «intra-muros» ne séduit plus même dans ses gammes les plus premium. Le choix des acheteurs porte sur des projets qui sortent des sentiers battus, qui allient qualité, confort et art de vivre. Le projet Prestige Tamaris du pôle immobilier TGCC, dont les premiers logements ont été livrés en 2016, en est d’ailleurs le porte-flambeau. Situé sur 2 hectares au sud de Casablanca, le projet avait nécessité un investissement de 250 millions de DH, assiette foncière comprise. Le complexe se distingue par une conception en «L» pour permettre de profiter de la vue sur mer. Il dispose de plusieurs équipements dont 5 piscines et un espace fitness. Le prix du mètre carré varie entre 18.000 et 19.000 DH. Toujours à Dar Bouazza, Edenya, programme lancé par Saham immobilier a quasiment bouclé sa commercialisation.

La filiale du groupe Saham s’est également associée au groupe d’investissement Walili pour la construction du projet immobilier Peninsula. Ce chantier dont la commercialisation a nécessité un investissement global de 800 millions de DH, financé à parts égales entre les deux partenaires. Le projet est constitué de 4 résidences sécurisées (R+3 à R+5) avec piscines, promenade aménagée et circuit de fitness intégré. Et ce n’est pas tout. Une zone de loisirs compte une salle de gym, un terrain de tennis/basket, aire de jeux pour enfants, chiringuito… La partie résidentielle contient des appartements allant d’une chambre/salon à quatre chambres/salon. Quant aux tarifs, ils varient entre 1,2 et 2,3 millions de DH, pour des superficies allant de 70 à 210 m2. Le prix varie en fonction de la typologie, du métrage, de l’étage, de l’exposition, du positionnement et de la vue. Le projet est réparti en plusieurs îlots d’habitation (en R+2) formés de huit immeubles individuels orientés est-ouest avec espaces aménagés et sécurisés en plus de piscines, salles de sport, parkings sous terrains, chiringuito… Mitoyen du projet Vert marine, «Edenya», situé sur la même colline, est conçu sous forme de lots de villas isolées. Les prix de ces lots, d’une superficie de 600 à 800 m², vont de 2,7 à 4,5 millions de DH. Ainsi pour satisfaire les CSP A et B+, des promoteurs ont fait le pari d’innover, en termes de contenu, d’esthétique, de volumes, d’ergonomie, de répartition des surfaces, de choix des matériaux… Le gros de l’offre est constitué soit de résidences en forme de presqu’île (sur pilotis), de ranch, de nouvelles villes dotées de golf, de loft, duplex… L’objectif est d’offrir, en plus d’un logement, un style de vie et une expérience inédite à l’acquéreur.

Ainsi, dans la région de Casablanca, les offres sont constituées de terrains d’une superficie d’un hectare et demi, divisés en 2 parties: fermes et villas. La cible, ce sont des personnes qui veulent s’écarter de la vie citadine, tout en restant proches de la ville. L’objectif est donc de rompre avec les standards, tout en gardant un certain standing et de l’originalité. Pour convaincre les acquéreurs, les promoteurs insistent sur la disponibilité du titre foncier et sur l’équipement haut standing de la partie villa (piscine, hammam, terrain de tennis, aire de jeux…). Certains opérateurs n’hésitent pas à se spécialiser sur ce type de produit en montant des business unit et filiales dédiées. Saham Immobilier, TGCC immobilier et Garan rivalisent de concepts originaux basés sur le balnéaire, l’offre golfique ou la forêt. Les acquéreurs de logement principal n’hésitent plus à faire le pas. Cet intérêt est surtout guidé par les prix, dont l’ajustement a permis au segment de reprendre progressivement des couleurs en termes d’attractivité. Selon les promoteurs contactés, l’essoufflement du secondaire étant réel, le marché reste dynamique grâce, justement, à la compétitivité et la concurrence des prix. Le pied dans l’eau a également la cote. Les superficies sont abordables à une tranche entre 12.000 et 17.000 DH/m2 pour les finitions haut de gamme. À Dar Bouazza justement, Omnidior, la filiale immobilière du groupe Omnipar, fait partie des acteurs qui ont misé sur le segment. L’enseigne a bouclé la commercialisation du nouveau projet «Pavillon» situé sur la route d’Azemmour.

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