Quel impact du boycott sur le marché boursier?

13 milliards de dirhams perdus en Bourse en 45 jours

Comme si la faible attractivité de la Bourse casablancaise n’était pas suffisante, la place boursière a perdu 13 milliards de dirhams en 45 jours. Faut-il y voir un lien avec le boycott?

Faut-il voir dans les pertes conséquentes enregistrées par la Bourse de Casablanca en 45 jours un quelconque lien ou impact de la campagne de boycott de certains produits de consommation et d’une enseigne de distribution d’hydrocarbures?

Comme si la faible attractivité de la Bourse casablancaise n’était pas suffisante! En tout état de cause, une chose est sûre, la perte en Bourse de 13 milliards de dirhams confirme la période bien difficile que traverse cette place financière depuis la fin des publications des résultats annuels.

Excepté les Télécoms, qui ont consolidé leur hausse, tous les autres secteurs ont vu leur gain s’effriter, à commencer par les Banques. L’indice sectoriel a perdu plus de 3 points depuis fin mars 2018. Les baisses sont du même acabit pour les baromètres du Bâtiment et matériaux de construction et du Pétrole & Gaz. Le chiffre d’affaires du secteur immobilier a dévissé de 17%, à 11 milliards de DH; et le résultat d’exploitation de 23%. Les bénéfices, eux, décrochent de 13%, à 1,3 milliard de DH. A la clôture du marché mercredi 16 mai 2018, l’indice sectoriel affichait une contre-performance annuelle de 30%, contre 9% à fin mars. Addoha (-28% depuis fin mars) et Alliances (-31%) sont à l’origine de sa dégringolade. Sur la même période, Résidences Dar Saada se comporte mieux puisqu’elle affiche une hausse de 1,7%. Mais, la valeur enregistre une perte de 22% en variation annuelle, contre 35% pour Addoha et 32% pour Alliances.

Des actions sanctionnées
La conjoncture demeure difficile dans l’immobilier et les grands opérateurs, dont ceux cotés en Bourse, sont les premiers à en souffrir. Le segment social, qui a été le moteur de la croissance ces dernières années, montre des signes d’essoufflement. La durée où les pertes ont été enregistrées coïncide peu ou prou avec le début de la campagne de boycott. Difficile d’établir le lien sachant qu’en Bourse, une simple information ou rumeur peut déstabiliser les investisseurs et les pousser soit à vendre leurs actions ou à ne pas en acheter. En tout cas, les investisseurs n’ont pas été affectés par la campagne au point de se délester des titres qu’ils détiennent. En plus de l’illiquidité de ces titres, l’investisseur s’intéresse aux dividendes qu’il touchera, et qui dépendent des résultats financiers à la fin de l’année.

Le 30 avril 2018, 10 jours après un appel au boycott des trois marques Afriquia, Les Eaux minérales d’Oulmès et Centrale Danone, le marché boursier a sanctionné les cours de Centrale Danone et d’Afriquia Gaz. Leurs actions ont perdu près de 6% chacune, les plaçant en tête des valeurs ayant connu les plus fortes baisses. Les actions des Eaux minérales d’Oulmès, quant à elles, avaient perdu 5% de leur valeur au premier jour du boycott. Mais cette chute n’est pas caractérisée et surtout pas linéaire au point de tisser un lien direct avec l’opération de boycott. En sus, aucun mouvement très significatif n’a eu lieu sur les valeurs en question. Mais au cas où elle perdure, cette opération peut avoir des conséquences fâcheuses sur les titres en question.

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