Quels dividendes pour les principaux actionnaires à la Bourse de Casablanca ?

L’heure est à la distribution des dividendes pour les actionnaires des entreprises inscrites à la Bourse de Casablanca, qui se partagent cette année 22 milliards de dirhams. Classement.

Vingt-deux milliards de dirhams (1,9 milliard d’euros) de dividendes sont distribués cette année aux différents actionnaires des sociétés cotées à Casablanca suite aux résultats 2017 de ces entreprises. C’est presque 2 milliards de moins que la rémunération des actionnaires servie en 2016. À première vue, la situation est paradoxale quand on sait que la capacité bénéficiaire de la cote s’est améliorée de 11 % pour frôler les 32 milliards de dirhams.

Mais la situation s’explique par la baisse des dividendes servis par des blue chips (qui allient grande capitalisation et liquidité importante), pour ne citer que Lafarge qui a réduit sa rémunération aux actionnaires de 57 %, suite à une contre-performance de résultats. D’ailleurs, un bon tiers du montant global des dividendes proviennent d’entreprises adossées à des multinationales ou au secteur public. Mais les stars du business au Maroc ne sont pas en reste : de gros montants sont en perspective.

1. Othman Benjelloun : 321,2 millions de dirhams
Après l’ancienne SNI, devenue le fonds panafricain Al Mada, le conglomérat de ce magnat de la finance est le groupe marocain qui engrange le plus de dividendes à partir de la cote. Rien qu’à travers sa participation dans BMCE Bank via Finance.com et la RMA (35,8 %), Othman Benjelloun surclasse de loin les autres capitaines d’industrie.

2. Anas Sefrioui : 218,9 millions de dirhams
Actionnaire intuitu personæ d’Addoha à hauteur de 56,5 %, le nabab de l’immobilier encaisse une des plus grandes cagnottes de la cote. Pourtant, son groupe immobilier qui a accusé une baisse des bénéfices de 14 % a divisé par deux le montant du coupon à distribuer comparativement à l’année dernière.

3. Famille Bensaleh : 189,5 millions de dirhams
La fratrie actionnaire du groupe Holmarcom, présidé par Mohamed Bensaleh, devrait se partager une belle somme. Près de 190 millions de dirhams remontent à la holding familiale via Atlanta et Les Eaux minérales d’Oulmès, contrôlés respectivement à 67 % et 45 %.

4. Aziz Akhannouch : 147,1 millions de dirhams
Maghreb Oxygène, mais surtout Afriquia Gaz distribuent pour environ 433 millions de dirhams de dividendes. Via Afriquia SMDC et Akwa Holding, une part de 295 millions de dirhams revient à parts égale à la famille Wakrim et à leur associé, Aziz Akhannouch, le ministre de l’Agriculture et président du Rassemblement national des indépendants (RNI)

5. Famille Fahim : 91,4 millions de dirhams
Fouad Fahim, le fils du fondateur de Delta Holding, a bien mérité de faire son entrée (en 2015 déjà) dans le prestigieux classement Forbes des plus grandes fortunes du monde arabe. Le conglomérat qui compte une vingtaine d’entreprises distribue pour 131 millions de dirhams, dont 70 % revient à la fratrie Fahim.

6. Famille Berrada Sounni : 58,3 millions de dirhams
À travers le groupe Palmeraie développement, les Barrada Sounni vont encaisser 41% des 141,5 millions de dirhams des dividendes à distribuer par la filiale cotée Résidences Dar Saada. Celle-ci signe une des meilleures progressions du coupon : fixé à 5,4 dirhams par action, il est en progression de 65% par rapport à l’année d’avant.

Et les autres ?
À leur tête, on retrouve une autre famille Berrada, propriétaire de Colorado, qui doit récupérer plus de 38 millions de dirhams à travers sa holding Colbert Finance.

Ensuite, il y a ceux qui empochent dans les 30 millions de dirhams : Farid Bensaid à travers son Ténor Group, actionnaire de référence du courtier Afma ; la famille Khalil qui a fait fortune dans le blé avec Dari Couspate ; mais aussi Abdellatif Hakam qui en plus de ses 29 % dans Auto Nejma récupère quelques millions de dirhams en plus à travers CTM.

Cette dernière compte parmi ses actionnaires la famille Joumani (29 %) qui encaisse autour de 16 millions de dirhams de dividendes. La famille Chaâbi clôture ce classement avec 10,5 millions de dirhams provenant de la SNEP. Mais le portefeuille des héritiers de Lhaj Miloud Chaâbi – comme celui de leurs coactionnaires – ne compte pas uniquement des sociétés cotées qui communiquent ses chiffres. Ce n’est donc que la partie visible de l’iceberg.

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