Plan de relance de l’immobilier: La FNPI livre sa copie dans deux semaines

Ralentissement des mises en chantier, recul des ventes, révision à la baisse des prix… la crise s’ancre davantage dans l’immobilier. Cette morosité est confortée par le repli du marché cimentier, principal indicateur de l’activité de construction, qui a clôturé l’année 2017 avec un recul de 2,54% et le mois de janvier avec une baisse de 4,4%.

Elle est également relevée par l’Indice des prix des actifs immobiliers (IPAI) qui relève que le nombre des transactions s’est replié de 2,4%, avec une baisse de 8,6% des ventes de biens résidentiels. Le tout nouveau ministre de l’Aménagement du territoire, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville, Abdelahad Fassi Fihri (PPS), a, donc, du pain sur la planche. Il se penche, d’ailleurs, sur un plan de relance du secteur pour pallier cette baisse d’activité.

La tutelle, dans une démarche participative, veut impliquer les professionnels dans l’élaboration de cette feuille de route visant à sortir le secteur de ce marasme. Le successeur de Nabil Benabdellah (également du PPS) a organisé récemment une réunion avec les membres de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI).

Il a invité les professionnels à lui soumettre un mémorandum englobant les préoccupations et attentes des professionnels. «Nous sommes en train de préparer ce mémorandum qui sera soumis à la tutelle dans deux semaines», confie Taoufik Kamil, président de la FNPI.

Abdelahad Fassi Fihri suivra-t-il le même «modus operandi» que Nabil Benabdellah qui a vu sa tentative de relance de l’offre dédiée à la classe moyenne rejetée en bloc par le ministre des Finances Mohamed Boussaid? Le nouveau ministre arrivera-t-il à apporter des mesures de relance concrètes et effectives, en dehors des incitations fiscales? En tout cas, les opérateurs sont dans l’expectative et attendent avec impatience une issue à la crise.

Très attendu, le mémorandum traitera de la révision du dispositif de logements pour la classe moyenne. «Nous ne voulons plus d’incitations fiscales, mais des dérogations urbanistiques permettant la surélévation pour encourager l’offre destinée à la classe moyenne. Les constructions en R+2 ou encore en R+5 ne résolvent toujours pas le problème»,  souligne Taoufik Kamil. Rappelons à ce titre que l’ex-ministre avait défendu un programme à 400.000 DH, avec les mêmes conditions et les mêmes exonérations que celles mises en place pour le logement social à 250.000 DH.

Côté doléances, la FNPI demande la redynamisation des programmes des logements sociaux dont les ventes ont nettement fléchi. Malheureusement, ni le ministère de tutelle, ni la fédération ne disposent de statistiques actualisées à ce jour. Reste qu’il y a d’importants stocks d’invendus dans ce segment. «La crise dans le logement social n’est pas due à l’offre ni à la demande, mais au manque de financement.

Seules deux banques financent encore ces logements dans des conditions peu avantageuses», précise le président de la FNPI. «Seuls les acquéreurs dont les promoteurs sont clients des deux banques ont accès au financement. Les autres se voient refuser l’octroi du crédit Fogarim», concède un promoteur immobilier.

La FNPI demande «un sérieux accompagnement du secteur de la part des banques pour permettre la liquidation des stocks». Les discussions avec la tutelle ont également porté sur l’intervention pour l’habitat en milieu rural et la commercialisation des logements à faible valeur immobilière.

Last but not least, la profession exige une meilleure application des lois afin de mieux accompagner la dynamique du secteur. Sont attendus les décrets d’application du tant attendu code de la construction ou encore de la loi 66-12, jugée abusive et contraignante par les professionnels qui demandent son amendement. Les promoteurs insistent également sur l’actualisation et la généralisation des documents d’urbanisme. Ce qui permettra de libérer plus de foncier.

Malgré ces contraintes, les promoteurs restent optimistes.  «La demande est là, l’offre est là, mais sans financement, il n’y aura pas de transactions. Seuls 15 à 20% des acquéreurs peuvent payer cash l’acquisition d’un bien immobilier», fait valoir Taoufik Kamil.

Le locatif en quête de vision

Le marché de la location pourrait booster le secteur de l’immobilier. Le Maroc a mis en place un cadre législatif permettant la création des Organismes de placement collectif immobilier (OPCI) qui constituent un nouveau véhicule d’investissement orienté vers l’immobilier professionnel destiné à la location. Objectif: booster le développement du secteur financier et diversifier les placements dans le capital investissement. La tutelle doit s’atteler à la révision du programme du locatif social, qui est mort-né. La version originale n’a pas pu séduire les investisseurs institutionnels.
Pour ce qui est du cadre réglementaire, «la nouvelle loi n’a pas permis de sécuriser l’investissement. A mon avis, le locatif a besoin d’une vraie vision», soutient Taoufik Kamil, président de la FNPI.

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